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Lutte contre la violence dans le RAP malien : C’est gagné

mardi 12 août 2014

Lancé en mars dernier par une campagne de sensibilisation, le Collectif pour la défense de la République (CDR) peut se réjouir d’un bilan « positif » en matière de lutte contre la violence dans le milieu rap au Mali.

Mamadou Gassama dit Gaspi, Youssouf Traoré dit Tal-B, Ibrahim Sissoko dit Iba One et Sidiki Diabaté…, quatre icônes du rap Malien, étaient indexés par le collectif. Ceux-ci défrayaient la chronique par une série « d’interviews », avec des injures publiques, de détention, de consommation de drogue et d’incitation à la haine contre d’autres artistes. Ces « interviews » ont été commentées par beaucoup d’organisations de la société civile. Mais surtout, le Collectif pour la défense de la République, et pas des moindres puisqu’il regroupe une franche importante d’Associations, connues pour leurs prises de position et déclarations contre toute atteinte aux droits de l’Homme.

Le collectif a énergiquement condamné ce mauvais exemple des jeunes qui dépasse tous les valeurs socioculturelles de notre pays.

Pour ramener à l’ordre ces jeunes, le collectif avait envisagé deux possibilités : sensibiliser et informer les artistes visés sur les conséquences du clash et engager des poursuites judiciaires contre les auteurs. « Il était vraiment propice que nous nous prononcions sur les réactions des jeunes. Le rap qui est forme d’expression d’opinion était devenu un moyen de culture de la haine » affirme le porte-parole du mouvement, Mohamed Youssouf Bathily. Et d’ajouter que la violence grandissante avait atteint son paroxysme, par le tabassage de l’artiste Sniper par Mob Jec.

« Les artistes visés avaient mis sur les réseaux socio des interviews audio, vidéo et chansons, contenant plus de 120 injures publiques de mère, d’outrage à la pudeur, d’incitation des jeunes à la haine, violence, consommation de la drogue et d’alcool, et utilisent les termes d’invocations islamiques à des fins d’injures et de malédiction contres certains artistes. Ce qui est anormal », explique le porte-parole du collectif, Mohamed Youssouf Bathily.

La campagne a débuté par une pétition de dénonciation. « Les membres du collectif ont sollicité l’interdiction de prestation de spectacle dans les salles et stades publics et des poursuites judiciaires contres les principaux auteurs des chansons contenant des injures publiques, d’outrage à la pudeur, d’incitation des jeunes à la haine, violence, consommation de la drogue et de l’alcool », a déclaré le porte-parole.

Aux dires de M. Bathily, la campagne de sensibilisation a permis aux artistes visés de prendre conscience de la nécessité d’un rap conscient pour le bien de la société. « 4 mois après le lancement nous pouvons nous réjouir du caractère positif de notre combat. Parce que les jeunes ne font plus d’injures sur les plateaux. Sinon, il était prévu de mettre en place une commission technique de haut niveau composée du Haut conseil islamique, de toutes les organisations de la société civile et des organisations faitières de la jeunesse pour discuter le fond du problème », a-t-il annoncé.

Il a aussi lancé un appel à tous les artistes de faire la promotion de la paix, à travers des styles classiques et aux autorités de prendre des mesures idoines pour réprimer ses violences.

Bréhima Sogoba

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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