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La musique malienne en deuil : L’artiste Fantani Touré n’est plus

vendredi 5 décembre 2014

Sans crier. Sans rechigner. Sans larmes. Mais, je suis sûr avec beaucoup de courage et de piété, elle nous a quitté. L’on parle d’un cancer. Mais, tout compte fait, Fanatani n’est plus et c’est une grande perte pour le Mali. Ici, nous lui rendons à notre manière, notre hommage.

Loin de Bamako. Dans la moiteur qui annonce l’hiver tunisien. Il était 23h 30, heure de Tunis. Ce mardi 3 décembre 2014. Ignorant que Dieu dans sa toute puissance venait de rappeler à lui, sans nous demander notre avis, comme d’habitude, notre très chère Fantani Touré, l’épouse de notre bien aimé grand frère Habib Dembélé dit Guimba national. Je sortais du théâtre municipal de Tunis où je venais de voir le film « Soleil », co-réaliser par Dany Kouyaté et Olivier…... dans le cadre de la 25ème édition des Journées cinématographiques de Carthage.

Mon téléphone sonne, en pleine discussion avec un ivoirien qui n’avait pas du tout aimé le film que je trouvais formidable pour avoir rappelé à l’humanité qu’en 1235 quelque part dans le sahel, bien avant la révolution française et la déclaration universelle des droits de l’Homme, des êtres humains de la race noire, avaient déjà, pensé à ce que nous appelons aujourd’hui : constitution. Ils y avaient déjà décidé de la protection des droits et libertés humaines. La nouvelle en provenance de Bamako, me donne du tournis. « Je viens d’apprendre que Fantani Touré est décédée à Paris. Cela a été annoncé à la télévision nationale », me dit mon interlocuteur au bout du file.

Le moment de surprise et de forte douleur passé. J’annule immédiatement ma participation à la soirée after et coure me refugier dans ma chambre à l’hôtel « Hana International » de Tunis, sur l’avenue Habib Bourguiba.

En quelques minutes, le passé heureux, les projets déjà exécutés avec Fantani défilent devant mois comme dans un film. Et, du coup, le projet d’organiser une nuit malienne annuelle à Paris, vole en éclat, la promotrice n’étant plus. Que deviendra, le Festival « Les voix de Bamako » qu’elle organisait chaque année avec ses associations jumelles : Kolomba Mali et Kolomba France ? La mort d’un être n’est-elle pas le moment des doutes et des interrogations ? C’est aussi un moment de témoignages.

Et, je peux témoigner de l’humanisme de la défunte. Fantani Touré que j’appelais « Dembélé lakaw ka dankélé » avait du caractère et était d’un courage à toute épreuve. Je me souviens que contre vent et marrée, elle a tenu à organiser sur Paris « le Mali à Bercy », devenu ensuite « le Mali au Zénith », dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Mali. Je pourrai en citer autant d’initiatives de cette battante.

Fanta, tu t’es battue avec tellement de courage, avec et contre cette maladie que tu reste pour nous un exemple de courage. Fanta, je te jure que nous n’avions jamais su que tu souffrais tant. Oui, tu ne l’as jamais laissé transparaître. Toujours joyeuse. Toujours entouré. Toujours, prête à voler au secours des plus faibles et démunis. Fanta que deviendra tous ces enfants, ces jeunes gens que tu as tiré des affres de la vie et accueillis sous ton toi, comme une mère poule.

Fanta, là où tu es, rassure-toi, nos prières te suivront. Mais, j’ai envie encore une fois de demander : « la mort où est ta victoire ? ». Fanta Assane à Bamako, Dramane à Paris, te dis repose en paix. Effectivement, tu n’avais pas de repos. Tu n’avais que le temps pour des projets et pour la prière. Oui, je comprends pourquoi, tu avais cette fois contagieuse. Oui, Dieu n’avait pas voulu que tu ais les cheveux couleurs de coton avant de nous quitter.

Et, ça aujourd’hui, je crois que tu le savais. Mais, tu ne l’as jamais laissé transparaître. Merci et balise la route. Repose en paix. Fanta ton micro s’est éteint. Et, nos plumes sont tristes. Fantani, au nom du Réseau des journalistes pour la promotion des initiatives culturelles au Mali (RJPIC), je voudrais te réitérer nos vœux de bonheur et souhaiter que tu sois à la Droite de notre seigneur Allah et dans sa grâce.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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