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Décès du Pr. Babou Tembély : La culture malienne en deuil

mercredi 13 août 2014

Avec plein de projets en tête, notamment pour la promotion de la culture, notre spécialiste de la culture dogon, historien et ethnologue, a été arraché à l’affection de tous. Pour Boubacar Sidibé, réalisateur à l’ORTM, le cinéma malien perd un « gros travailleur », à l’Association pour la sauvegarde et la promotion de la culture dogon (Guina Dogon), on regrette que son dynamisme va manquer au directoire, tandis qu’à la chaîne nationale « ORTM », son caractère profondément humain reste dans les souvenirs.

« Nous venons d’Allah, et à Allah, nous retournons. Pr Babou Tembély vient de rendre l’âme. Que la terre lui soit légère ». En ce mardi 12 août 2014 vers 13 h, lorsque je reçois ce message dans ma boîte, je fus effondré.
Il est vrai que tout homme est appelé à mourir, mais celle de Babou, nous ne l’attendions pas de si tôt. Surtout qu’il y a quelques semaines, j’ai partagé un moment avec lui. Mais les vieilles personnes nous enseignent que la maladie et l’âme ne sont pas du même côté.

Après des semaines de combat contre la maladie, notre spécialiste de la culture dogon, historien et ethnologue et membre influent du comité directoire de l’Association pour la sauvegarde et la promotion de la culture dogon (Guina Dogon), Pr Babou Tembély est décédé ce lundi 11 août 2014. L’annonce de la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre, tant dans la presse que dans le monde des arts et de la culture. Dans les rédactions de l’ORTM où la nouvelle est parvenue, c’était la stupéfaction et la tristesse, pour les spécialistes de la culture.

Cinéaste professionnel, Babou Tembély l’était. Et la présence à ses obsèques du réalisateur Boubacar Sidibé de l’Office de radio diffusion télévision du Mali, et plusieurs professionnels du 7ème art témoignait de son engagement dans la promotion de la culture.

Artiste, il l’a été aussi. Militant de la Fédération des artistes du Mali (Fédama), Babou aura consacré sa vie à la culture. Jusqu’à sa mort, le professeur siégeait au bureau national de l’association Guinna Dogon, dont il était le secrétaire général des arts et de la culture. Son dynamisme et son dévouement en faveur de la culture ont impulsé une nouvelle dynamique au pays dogon et la prise en compte des intérêts des artistes dans les prises de décisions politiques. A son enterrement, mercredi matin, le monde des arts et de la culture s’est fortement mobilisé.

Un grand bosseur

Travailleur, humain, dynamique, engagé, etc., ses plus proches collaborateurs et amis ne tarissent pas d’éloges sur lui. Interrogée par nos soins, l’icône du cinéma africain, Boubacar Sidibé, retient de lui « un homme très respectueux », après avoir travaillé avec lui sur beaucoup de projets culturels, notamment les films sur les Rois de Ségou.

Pour le réalisateur, Babou Tembély était un très bon collaborateur pour sa structure. Son dynamisme, dit-il, et son dévouement au travail ne faisaient l’ombre d’aucun doute. « Il a joué un rôle de premier choix dans le film Rois de Ségou », explique M. Sidibé.

« Il a animé à travers le monde des conférences sur le peuple dogon et l’histoire du peuplement du pays dogon, voir du mandé. Babou Tembély était aussi un grand spécialiste de masques dogon et comptait publier depuis quelques années ses manuscrits sur son immense connaissance du pays dogon. Sa mort constitue pour moi et pour le Mali une énorme perte », confie Makanfing Konaté de l’ORTM.

Lors des rencontres artistiques et culturelles, Babou a su cultiver avec les autres le sens de rapports humains. Et Alpha Maiga, qui a travaillé avec lui le témoigne : « Je retiens de lui un homme qui aimait profondément la culture, pour laquelle il avait une sensibilité particulière. Ce qui était remarquable chez lui, c’était aussi son dévouement et sa passion pour la littérature ».

Homme de conviction

« Babou était un fédérateur, renchérit notre confrère de l’ORTM. En témoigne son combat pour la promotion de la culture, où il n’a jamais ménagé son engagement à défendre bec et ongle les droits des artistes. Il avait une obsession : que l’artiste puisse vivre de son art », a déclaré Alpha Maiga.

« Sur le plan humain, je retiens de lui un collaborateur sociable, sans rancœur, et très attaché aux rapports humains. Lors de son enterrement, j’ai vu de nombreux stagiaires qui ont tenu à être présents à ses obsèques. Ceci témoigne du fait qu’il avait su cultiver avec les autres une relation fondée sur les valeurs sociales. Il va beaucoup nous manquer », regrette Boubacar Sidibé. Et d’ajouter qu’il était un homme humble, courtois et engagé. « Il avait un idéal, celui d’œuvrer pour la promotion de la culture du Mali sous toutes ses formes. Aujourd’hui, nous pleurons une grosse perte », affirme-t-il.

Babou Tembély s’en est donc allé. Mais pour la presse et la culture maliennes, il restera parmi nous, car « les morts ne sont jamais morts ». Dors en paix, cher papa !

Bréhima Sogoba

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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