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« Mali-Jakura » : Mettre la photographie et de la peinture de la paix et la cohésion sociale

mardi 23 août 2022

Promouvoir les industries culturelles et créatives pour renforcer la paix et la cohésion sociale au Mali, est l’objectif recherché par le projet « Mali-Jakura » initié par la Maison africaine de la photographie (MAP), en collaboration avec l’Union des Artistes Plasticiens du Mali (UAPM) et le Syndicat National des professionnels des Métiers de l’Image et du Son du Mali (SYNAPROMIM). Financé par la MINUSMA et l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI) à travers l’UNESCO, ce projet était le 19 août 2022, au centre d’une cérémonie à la Maison Africaine de la photographie.

D’un budget de 30 271 000 FCFA, « Mali-Jakura » est un projet qui vise à promouvoir la culture de la paix, la cohésion sociale et la résilience des artistes, à travers la sensibilisation et l’éducation des populations, surtout des jeunes, aux valeurs sociales, au dialogue interculturel et au vivre ensemble.

Selon Tidiane Sangaré, Directeur général de la Maison Africaine de la Photographie, concrètement, le projet vise à organiser 6 expositions d’œuvres d’arts puisées dans le patrimoine culturel matériel et immatériel du Mali. Il indiqué qu’il se propose de sensibiliser les populations du Mali, sur les pratiques et expressions culturelles endogènes en vue de renforcer la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble. Enfin, il a ajouté que le projet vise à renforcer l’offre culturelle et la visibilité des artistes photographes et plasticiens à travers l’accès des publics aux œuvres d’art.

Pour le lancement de cette initiative qui mériterait beaucoup plus de ressources, Andogoly Guindo, ministre en charge de la culture, avait à ses côtés Mme Dembélé Madina Sissoko, Ministre des Transports et des Infrastructures ; Edmond Moukala, Chef de Bureau, Représentant de l’UNESCO au Mali ; El-Ghassim Wane, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali ; Richard Bombama, Chef de Coopération Suédoise au Mali et l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Mali.

« Mali-Jakura offre des espaces d’expression, de diffusion et de consommation de la culture malienne (œuvres d’arts photographiques et de peinture) et contribue à la résilience des artistes photographes et peintres du Mali qui font face aux effets de la COVID-19 et de la crise sécuritaire », a indiqué Edmond Moukala, Chef de Bureau, Représentant de l’UNESCO au Mali. Il a rappelé qu’au Mali, le secteur de la culture est considéré comme l’une des principales richesses du pays. Il dira qu’en plus d’un patrimoine culturel matériel et immatériel riche et diversifié, la culture malienne s’exprime dans de nombreux domaines tels que les arts du spectacle, la mode et le design, le cinéma et l’audiovisuel, l’architecture, les éditions littéraires, les arts numériques, les arts plastiques et la photographie.
Il a rappelé que les données du 3e rapport mondial « Repenser les politiques en faveur de la créativité » de l’UNESCO, la contribution de la culture et de la créativité représentent 3,1% du PIB mondial et 6,2% de l’emploi total. Selon lui, le rapport a indiqué que les exportations de biens et de services culturels ont atteint 389,1 milliards de dollars USD en 2019. Au regard de ces données, il a estimé qu’il est nécessaire d’apporter plus de soutien à ce secteur, qui est une véritable source de création d’emplois en faveur de la jeunesse et par conséquent, vecteur de stabilité et de paix.

Pour sa part, Richard Bombama, Chef de Coopération Suédoise au Mali, après avoir egrené les résultats engrengés dans le cadre du projet ASDI au Mali, a indiqué que la Suéde était fier de sa coopértaion avec le Gouvernement malien.

« La culture a toujours occupée une place de choix au Mali. Et, pour cela, elle doit être utilisée pour parvenir à la paix au Mali », a déclaré El-Ghassim Wane, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali. Selon lui, la culture et de façon particulière l’art a un rôle crucial à jouer pour la reconquête de la paix et de la cohésion nationale dont a besoin le peuple malien. Il s’est félicité du fait qu’au Mali, tout n’est pas que crise. Il a salué la présence des artistes maliens sur la scène internationale avec beaucoup de succès et dans toutes les disciplines culturelles.

Il a noté avec beaucoup de satisfaction l’initiative de « Mali-Jakura » qui vient à point nommé, après de 3 années de COVID-19 qui a ébranlé le monde, mais qui a imposé des difficultés exceptionnelles aux acteurs du monde culturel. « Exploiter la diversité culturelle pour un retour rapide à la paix, ne pouvait qu’être soutenu par la MINUSMA », a-t-il déclaré.

« Cette cérémonie se tient en ce jour du 19 août, date commémorative de la Journée mondiale dédiée à la photographie », a tenu à rappeler le Ministre en charge de la culture. Il a tenu à rendre un vibrant hommage aux illustres artistes photographes, notamment Seydou Keita, Malick Sidibé, Abdramane Sakaly, Dianko Cissé, Adama Kouyaté, Alioune Bah, … « Cette journée est enfin l’occasion pour moi de rappeler que Bamako organise cette année, la 13e édition de la Biennale africaine de la photographie ‘’Rencontres de Bamako’’ », a-t-il déclaré.

Ensuite, le Ministre a indiqué que le projet « Mali-JAKURA » est bâti autour d’une série d’expositions d’œuvres photographiques et de peintures. « Son objectif principal est d’offrir aux artistes photographes et peintres du Mali des espaces d’expression, de diffusion et de valorisation de la culture malienne, d’une part, aux populations et surtout à la jeunesse malienne, un cadre de sensibilisation et d’éducation à la culture de la paix et du vivre ensemble, d’autre part », a-t-il rappelé.

Avant d’ajouter que le projet Mali-Jakura vise également à dynamiser le secteur des arts visuels au Mali et à renforcer la résilience des artistes photographes et plasticiens face aux multiples crises qui affectent le secteur de la culture au Mali. il se veut un espace de promotion du dialogue interculturel pour l’ancrage d’une culture de la paix.

Il a salué le fait que le projet Mali-Jakura, au travers des expositions sur le thème : « l’art, vecteur de résilience, de paix et de cohésion sociale », se propose d’aller à la rencontre des communautés du Mali, pour partager avec elles sa vision du changement, ainsi que la résilience culturelle prônée dans les œuvres exposées. Le ministre a indiqué sue les expositions qui seront présentées non seulement à Bamako, mais également dans certaines capitales régionales du pays, notamment Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao, serviront de cadre aux artistes participants pour exprimer leur vision de la culture de la paix et d’inciter les populations à s’ouvrir à nos pratiques, rites, et valeurs culturels endogènes qui ont longtemps servie de socle à l’édification d’une vie communautaire stable et apaisée.

Il a salué les partenaires techniques et financiers, notamment la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation Mali (MINUSMA) et l’Agence suédoise d Développement International (ASDI) qui, à travers l’Unesco, ont bien voulu apporter leurs appuis à la réalisation de ce projet.

Après cette série de discours, le Ministre en charge de la culture et ses invités ont procédé à la coupure du ruban symbolique donnant lieu au vernissage d’une exposition vente de 24 artistes photographes et peintres.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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