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Patrimoine culturel : L’Afrique de l’ouest se soucie de la gestion des musées en période de conflits

mercredi 29 janvier 2014

C’est un secret de polichinelles. Le patrimoine culturel du Mali, lors de l’occupation djihadiste, a autant souffert que les hommes et les femmes. Au cours de cette occupation, le patrimoine culturel en général et les musées en particulier, ont été des cibles. Pour outiller des techniciens à faire face à de telles difficultés, le musée national du Mali abrite un atelier sur la gestion des musées dans les situations de conflits.

Dans l’optique d’outiller les responsables des musées et les responsables des services du patrimoine de toutes les localités maliennes et des musées de la sous-région, notamment le Niger, Burkina Faso, le Togo, le Benin, la Cote d’Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie, le ministère de la culture du Mali, à travers le Musée national du Mali et en partenariat avec la Smithsonian Institutions de Washington, le Conseil international des Musées (ICOM) et l’UNESCO, a initié un atelier de formation d’une importance particulière.

Le 27 janvier 2014, au démarrage de cet atelier, Bruno Maiga, ministre de la culture du Mali, a rappelé que le Mali a subi au cours des longs mois d’occupation de sa partie nord par des groupes terroristes, une agression toute particulière, qu’il a caractérisé par des violences de toutes sortes sur les hommes et les femmes, les lapidations, les amputations, les viols, les privations de liberté… « Au nom de leur islam radical, le patrimoine culturel, a lui aussi été visé par des actes de destruction de monuments, de musées, de manuscrits, interdiction de pratiques culturelles séculaires… », a-t-il indiqué.

Avant d’ajouter qu’au-delà des régions sous occupation, la menace sur le patrimoine a été ressentie sur l’ensemble du territoire. Le ministre s’est interrogé sur le sort qui allait être réservé aux collections du Musée nationale du Mali, si l’avancée des terroristes n’avait pas été stoppée à Konna. Face à cette question, le ministre a indiqué que deux aspects de la question lui semblent essentiels. D’abord, il a invité les experts à développer des capacités à évaluer les risques et à mettre en place des stratégies pour les prévenir.

Selon lui, les Musées doivent se doter de plans de gestion de risques, pour la simple raison qu’il y a plusieurs exemples de perte de collections irremplaçables faute de mise en place de stratégies de prévention efficaces. Le ministre a aussi attiré leur attention sur le rôle des communautés. « Nos musées sont trop souvent coupés des communautés dans lesquelles elles sont implantées. Cette situation est préjudiciable à toute véritable bonne stratégie de protection du patrimoine en particulier dans des situations de crise », a-t-il déclaré. Avant de souhaiter que l’atelier dessine des orientations claires qui permettront aux musées d’être des acteurs dans le processus de réconciliation nationale.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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