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Lutte contre le chômage des jeunes : Le passage obligatoire par la formation professionnelle réaffirmé

jeudi 17 novembre 2022

Placée sous le thème de la « Formation professionnelle, un outil efficace de lutte contre le chômage des jeunes et des femmes au Mali », la rentrée solennelle de la formation professionnelle 2022/2023 a eu lieu le 10 novembre 2022, au Centre de Formation Professionnel de Missabougou.

Moment privilégié de communication, d’échanges et surtout de réflexion sur les avancées, mais aussi de prises de décisions appropriées pour le renforcement du système de formation professionnelle et d’emploi au Mali, la rentrée solennelle de la formation professionnelle 2022/2023, a enregistré la participation de tous acteurs clefs du sous-secteur formation professionnelle et emploi au Mali.

Pour la circonstance, Bakary Doumbia, ministre de l’entreprenariat, de l’emploi et de la formation professionnelle, avait à ses côtés Mme Galatée Fouquet, Première Secrétaire à l’Ambassade du Grand-Duché de Luxembourg au Mali, Chef de file du sous-groupe d’intérêt Emploi et Formation professionnelle, Mme Kadi Camara, Présidente de l’Association malienne des centres de formation professionnelle (AMCFP /MEFP) et Mr Sambou Fané de l’Assemblée Permanente des Chambres des Métiers du Mali (APCMM).

L’obligation de changer de paradigme

Mme Kadi Camara, Présidente de l’AMCFP /MEFP, a salué l’initiative de l’organisation de la rentrée solennelle de la formation professionnelle qui dénote de tout l’intérêt que le gouvernement accorde à ce secteur. Selon elle, cette année, la rentrée solennelle de la formation professionnelle s’effectue dans un contexte particulier pour notre pays, confronté à des crises multiformes, avec de nombreux défis à relever, notamment dans le domaine de la formation professionnelle. Elle a rappelé que la population malienne est composée de plus de 60% des moins de 25 ans. « Cette réalité nous dicte la stratégie d’inscrire la jeunesse au cœur de nos actions », a-t-elle déclaré. Avant de soutenir que chaque année, plus de 200 000 jeunes sont versés sur le marché de l’emploi sans débouché et sans perspective d’avenir. « Cette situation interpelle tous les acteurs de la formation professionnelle qui est un levier important pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes », a-t-elle indiqué. Car, elle reste convaincue que la formation professionnelle est la meilleure des réponses à l’employabilité des jeunes et à la compétitivité de nos entreprises. Dans un tel contexte, elle dira que malgré de nombreux efforts consentis par les plus hautes autorités, à savoir, la politique nationale de la formation professionnelle, la mise en place du cadre législatif et réglementaire, tout récemment les états généraux de la formation professionnelle, il faut reconnaître que des difficultés demeurent en matière de financement et d’encadrement du secteur. « Un changement de paradigme s’avère donc indispensable pour relever les défis du moment », a-t-elle déclaré.

A cet effet, elle a souhaité que des dispositions soient rapidement prises pour faire face aux nombreuses factures impayées au niveau du FAFPA. Selon elle, le non payement de ces factures crée des désagréments inexplicables à de nombreux centres de formation qui n’arrivent plus à faire face à leurs charges locatives et se voient jeter dans la rue par les bailleurs. Au regard de tout cela, elle dira que si la volonté est de faire du thème « formation au cœur de la relance de notre économie » une réalité, il va falloir regarder dans la même direction. Pour cela, elle a invité tous les partenaires de la formation professionnelle à plus de concertations pour la mise en œuvre des différents programmes. « Ce dit, une nouvelle dynamique de partenariat s’impose par la mise en place d’un cadre de concertation Etat, CFP et secteur privé pour renforcer la formation et l’adapter à aux entreprises », a-t-elle conclu.

Pour sa part, Sambou Fané de l’APCMM, a indiqué que cette cérémonie témoigne toutes les attentions que les autorités de la Transition du Mali attachent à la Formation professionnelle et à l’amélioration de l’image de celle-ci auprès de l’opinion nationale, au regard des flux grandissant d’année en année de non scolarisés, de déscolarisés et de non orientés du DEF. « Aujourd’hui, nos entreprises et nos organismes de formation sont aptes à accueillir ces flux massifs en formation et en stage de qualification professionnelle, débouchant ainsi sur l’insertion professionnelle », a-t-il déclaré. Il a salué la politique de la formation modulaire mise en œuvre par la Direction Nationale de la Formation Professionnelle en vue d’apporter une réponse appropriée aux nombreux jeunes en quête de qualification et aux organismes de formation.

Appel à la réinstauration de la taxe de la formation professionnelle

Ensuite, il a rappelé le rôle et la responsabilité de l’APCMM dans la promotion, l’organisation et la mise en œuvre de la formation professionnelle dans le secteur de l’artisanat. Il a profité de l’occasion pour interpeller les autorités de la Transition pour la réinstauration de la taxe de la formation professionnelle, au Fonds d’Appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) afin de lui permettre de relancer les activités de l’apprentissage de type dual pour les jeunes apprentis, vecteur important de lutte contre l’enrôlement et l’extrémisme violant dans notre pays. Il a aussi rappelé que les efforts consentis pour la formation professionnelle et l’apprentissage ne doivent pas occulter les acquis de l’apprentissage traditionnel. Selon lui cette méthode traditionnelle pour l’insertion des jeunes concerne aujourd’hui 46 000 personnes sur une demande de 700 000. Et, enfin, il a rassuré le ministre de leur totale disponibilité à l’accompagner dans sa difficile mission de promotion et de développement de la formation professionnelle pour l’emploi au Mali.

L’engagement des PTF à accompagner le Mali

« La rentrée solennelle de la formation professionnelle marque un moment important dans la vie du sous-secteur », a déclaré Mme Galatée Fouquet, Première Secrétaire à l’Ambassade du Grand-Duché de Luxembourg au Mali, Cheffe de file du sous-groupe d’intérêt Emploi et Formation professionnelle. Selon elle, cette journée constitue chaque année un moment privilégié de communication, d’échanges et surtout de réflexion sur les avancées, mais aussi de prises de décisions appropriées pour le renforcement du système de formation professionnelle et d’emploi au Mali. Pour ce qui concerne cette année, elle a souhaité que cette rentrée lance un signal fort de la prise de mesures adéquates en faveur du développement du sous-secteur, car les attentes sont très fortes. « Nous avons tous à cœur d’œuvrer pour une réelle amélioration des dispositifs de formation au Mali pour l’épanouissement de la jeunesse de ce pays », a-t-elle déclaré.

Ceci étant, elle a salué la réalisation d’un diagnostic organisationnel du sous-secteur de l’Emploi et de la Formation Professionnelle assorti d’un plan de renforcement des capacités. « Cet exercice a permis d’obtenir des informations clés en termes de capacités organisationnelles des acteurs, d’identifier les principaux obstacles au pilotage, à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une vision partagée en tenant compte des grandes réformes sous-régionales », a-t-elle indiqué. En cette occasion, elle a réitéré l’engagement des PTF à appuyer la mise en œuvre du plan de renforcement de capacités du sous-secteur et surtout de voir se concrétiser, sur le terrain, les changements envisagés à travers ce plan. Ces changements sont : l’amélioration de l’image de la Formation Professionnelle et de l’Emploi est améliorée ; le pilotage de Formation Professionnelle et de l’Emploi de manière inclusive, du central au local et dans les secteurs à partir d’une gestion axée sur les résultats ; la diversification de l’offre de la Formation Professionnelle et l’Emploi, pour la rendre moderne et accessible en lien avec la demande du marché du travail, national et régional ; et enfin la facilitation de l’insertion professionnelle des jeune.

Elle a aussi indiqué que certains chantiers évoqués dans le plan de renforcement de capacités, méritent une attention particulière. Ce sont : L’efficacité du sous-secteur pourrait être améliorée en passant par davantage par le ministère de l’entreprenariat national, ceci dans le but de le renforcer dans ses prérogatives d’améliorer les services en formation professionnelle ; Une implication plus grande du secteur privé à toutes les étapes de la formation professionnelle permettrait d’améliorer de manière concrète son adéquation avec les besoins réels du marché de l’emploi et de renforcer son financement ; la pertinence de créer des passerelles et reformer le système national de certification, de sorte que les attestations de fin de formation délivrée par le ministère soient érigées en micro-certifications reconnues et en lien avec le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ; l’accélération du processus de décentralisation du sous-secteur de façon opérationnelle, …

Et, qu’à cela ne tienne, elle a indiqué que les PTF sont intéressés de connaître la vision du gouvernement sur les études nécessaires et les reformes à mettre en œuvre en vue de renforcer davantage l’accompagnement aux acteurs publics et privés pour une performance encore plus accrues des dispositifs de formation professionnelle.

« Le développement du capital humain s’est avéré comme un vecteur incontournable de professionnalisation et de l’employabilité pour accroître les chances des actifs, y compris les jeunes, à accéder à l’emploi », a indiqué Bakary Doumbia, ministre de l’entreprenariat, de l’emploi et de la formation professionnelle. Avant de soutenir le besoin crucial d’engager la jeunesse, une vraie opportunité pour le Mali, si elle est formée et a accès à des opportunités de participer à la transformation socio-économique du Mali.

Pour cela, il dira que la formation professionnelle constitue un levier important pour le développement socioéconomique de notre pays, et la doter d’outils de gestion efficients et efficaces permettront, de favoriser son développement, valoriser les sortants des différents dispositifs de formation et garantir leur insertion sur le marché de travail. Selon lui, la formation professionnelle constitue une des voix les plus sûres vers un emploi qualifié, durable et décent. « C’est également une solution d’avenir pour nos entreprises, puisque l’apprentissage permet de répondre à leurs besoins en compétences », a-t-il déclaré.

Le Ministre a indiqué que l’enseignement des filières dans le sous secteur de la formation professionnelle doit nécessairement prendre en compte l’adéquation parfaite des curricula avec les besoins du marché du travail.

Il dira que la symbolique de la rentrée solennelle de la formation professionnelle, traduit l’état d’esprit des autorités qui veulent hisser le message de la formation professionnelle et de l’emploi au cœur de toutes les actions de développement afin de donner de l’espoir à cette jeunesse anxieuse de son devenir. Pour ça, il a invité toutes les structures à mener des actions vigoureuses susceptibles d’apporter leur concours dans la conduite des programmes et stratégies de création d’emplois durables afin de favoriser une insertion réussie de nos populations.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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