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Rencontres de Bamako : la 15e édition prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027

vendredi 15 mai 2026, par Assane Koné

Bamako, capitale de la République du Mali, s’apprête à accueillir la 15e édition des Rencontres de Bamako/Biennale africaine de la photographie, prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, avec une semaine professionnelle programmée du 26 novembre au 2 décembre 2026.

La cérémonie officielle de lancement des activités préparatoires de cette grande manifestation culturelle s’est tenue le 14 avril 2026 sous la présidence de Mamou Daffé, ministre de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme.

Le ministre avait à ses côtés Tidiane Sangaré, Directeur général de la Maison africaine de la photographie ; El Hadj Amadou Diop, Délégué général de la 15 ème édition des Rencontres de Bamako ; Armelle Dakouo, Commissaire générale de la 15 ème édition des Rencontres de Bamako, ainsi que Samuel Sidibé, Coordinateur du Comité Technique d’organisation Stratégique de la 15 ème édition des Rencontres de Bamako.

Dans son allocution de bienvenue, Tidiane Sangaré a salué la présence des nombreux artistes, acteurs culturels et diplomates ayant effectué le déplacement. Il a rappelé que les Rencontres de Bamako constituent un événement fondateur de la photographie africaine contemporaine, dont la portée internationale ne cesse de se renforcer. « Fondées en 1994, les Rencontres de Bamako constituent le principal rendez-vous international dédié à la photographie africaine contemporaine », a-t-il indiqué.

Organisée tous les deux ans par le ministère en charge de la Culture, la Biennale a révélé plusieurs photographes aujourd’hui reconnus sur la scène mondiale, parmi lesquels Seydou Keïta et Malick Sidibé. « Pendant deux mois, Bamako se transforme en épicentre mondial de l’art visuel », a-t-il ajouté.

Une biennale pensée comme un acte de résistance culturelle

Présentant les grandes orientations de l’édition 2026, El Hadj Amadou Diop a expliqué que les organisateurs se sont d’abord posés deux questions essentielles : « Quelle biennale voulons-nous organiser et quelle biennale pouvons-nous organiser ? » Selon lui, la proclamation de l’année 2026 comme Année de l’éducation et de la culture au Mali par les autorités de la Transition a apporté une réponse claire à cette réflexion.

À l’issue d’un appel à candidatures, le choix de la commissaire générale s’est porté sur Armelle Dakouo. « Par la proposition du thème “Refabulation”, elle nous invite à faire confiance aux artistes afin qu’ils nous proposent de nouvelles histoires », a-t-il déclaré.

Le délégué général a également dévoilé les cinq principaux sites retenus pour accueillir l’événement : Musée national du Mali ; Maison africaine de la photographie ; Mémorial Modibo Keïta ; Palais de la culture Amadou Hampâté Ba ; la place OMVS à Bamako-Coura.

Outre les expositions photographiques, des ateliers destinés aux enfants ainsi que des conférences-débats dans les universités seront organisés.

Dans le contexte actuel du Mali et du Sahel, El Hadj Amadou Diop estime que faire vivre cette biennale constitue : « un acte de résistance culturelle ».

« Refabulation », entre mémoire et réinvention des récits

Dans sa présentation du projet artistique intitulé « Refabulation », Armelle Dakouo a expliqué vouloir replacer la photographie au cœur de la puissance narrative. Selon elle, cette réflexion s’inspire notamment de Chinua Achebe, qui appelait à utiliser la narration comme outil de lutte contre la dépossession culturelle et l’aliénation. « La refabulation n’est pas un thème. C’est une méthode », a-t-elle affirmé. Avant d’ajouter : « La photographie refabule comme la littérature ou le cinéma, mais autrement : par les images qu’elle propose, les déplacements qu’elle opère et les perspectives qu’elle dessine. »

Pour la commissaire générale, les images contribuent à transformer notre manière de voir le monde et participent à la reconquête des libertés culturelles. Elle estime également qu’à l’heure de l’intelligence artificielle, une question fondamentale se pose : « Les images nous permettent-elles encore de percevoir les choses autrement, plus clairement ? »

Armelle Dakouo a aussi insisté sur l’importance historique des Rencontres de Bamako pour les artistes africains. « Cette biennale a lancé de nombreux jeunes talents sur la scène internationale », a-t-elle rappelé.

Une volonté de rapprocher la biennale des populations

Soucieuse de renforcer l’adhésion populaire autour de l’événement, Armelle Dakouo a annoncé plusieurs initiatives destinées à rapprocher la biennale des populations maliennes. Elle a notamment évoqué une collaboration avec Lamine Diarra, fondateur du festival de théâtre « Les Praticables », connu pour ses représentations dans les rues et concessions de Bamako-Coura. Un spectacle spécialement conçu pour la biennale sera proposé à cette occasion.

La commissaire générale a également annoncé l’organisation exceptionnelle du Festival Daoulaba de Awa Meité dans le cadre des Rencontres de Bamako. « Toutes ces initiatives visent à faire en sorte que les Maliens s’approprient cette biennale africaine de la photographie », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs indiqué vouloir collaborer avec la jeune commissaire d’exposition Sandrine Honliasso ainsi qu’avec Ange Frédéric Koffi, présenté comme un acteur culturel polyvalent connaissant déjà bien Bamako. Avant de conclure, elle a invité les photographes africains à répondre à l’appel à candidatures déjà lancé pour la sélection officielle.

« Une souveraineté culturelle que rien ne peut interrompre »

Prenant la parole à son tour, le ministre Mamou Daffé a rendu hommage aux personnalités ayant dirigé les précédentes éditions des Rencontres de Bamako. « Refabuler commence par rendre hommage à celles et ceux qui ont porté cette fabuleuse biennale africaine de la photographie », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que cette manifestation demeure un événement emblématique pour la valorisation des jeunes photographes africains. « Plus qu’un art, la photographie est un miroir de notre société en constante mutation », a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : « Elle assure la présence de notre continent dans la marche du monde. »

Dans un contexte sahélien marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires, Mamou Daffé estime que la tenue de cette 15e édition revêt une dimension particulière. « Alors que le Mali traverse une période de profondes recompositions politiques et sécuritaires, les Rencontres de Bamako incarnent la continuité d’une souveraineté culturelle que rien ne peut interrompre », a-t-il déclaré.

Le ministre a également rappelé que cette édition s’inscrit dans le cadre de l’Année 2026 de l’Éducation et de la Culture décrétée par Assimi Goïta, Président de la Transition. Selon lui, le thème « Refabulation(s) » constitue un appel à réinventer les récits dominants à travers l’image, dans une démarche à la fois poétique, artistique et politique
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Assane Koné


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