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MALIMAROC : Bamako et Rabat élèvent leur partenariat à un niveau stratégique

vendredi 24 juillet 2026, par Assane Koné

La salle de conférences du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale a servi, ce vendredi 24 juillet, de cadre à l’ouverture de la 4ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Royaume du Maroc. Au-delà de l’exercice diplomatique, cette rencontre marque une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat que les deux pays entendent désormais inscrire dans une vision stratégique fondée sur la souveraineté, la solidarité africaine et le développement mutuellement bénéfique.

En accueillant son homologue marocain, Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a placé cette session sous le signe de la fraternité historique entre les deux peuples. Saluant le leadership du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, il a souligné que l’année 2026 constitue « un jalon important » dans le raffermissement des relations bilatérales.

Dans un discours fortement empreint de références historiques, le chef de la diplomatie malienne a rappelé que les liens entre Bamako et Rabat plongent leurs racines dans les grands échanges transsahariens qui reliaient jadis les cités impériales marocaines aux prestigieux centres intellectuels et commerciaux de Tombouctou, Gao et Djenné. Pour lui, cette histoire commune continue aujourd’hui d’inspirer une coopération moderne qui dépasse le simple cadre politique pour toucher les domaines économique, culturel, spirituel et humain.

Le ministre Abdoulaye Diop a également mis en lumière les initiatives qui ont contribué à donner une nouvelle impulsion aux relations entre les deux États. Il a notamment salué l’Initiative Royale destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, présentée comme une réponse concrète au défi du désenclavement des États de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a aussi rappelé les efforts diplomatiques du Maroc en faveur du Mali au sein de l’Union africaine ainsi que la convergence de vues des deux capitales sur plusieurs grandes questions internationales.

Cette proximité politique s’est traduite par un rappel de la décision du Mali d’apporter son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara, position que Bamako considère comme la base la plus crédible pour parvenir à un règlement durable de ce différend. Pour les autorités maliennes, cette orientation participe également aux efforts visant à renforcer la stabilité et la sécurité dans l’ensemble de la région.

Abordant le contexte sécuritaire sahélien, Abdoulaye Diop a rendu hommage aux Forces armées et de sécurité maliennes ainsi qu’aux populations confrontées aux violences terroristes. Il a dénoncé les soutiens extérieurs dont bénéficieraient certains groupes armés ainsi que les campagnes de désinformation dirigées contre les États de la région, inscrivant ainsi la coopération internationale dans une logique plus large de défense de la souveraineté nationale.

Au-delà des considérations géopolitiques, cette quatrième Commission mixte s’est surtout voulue résolument tournée vers les résultats concrets. Le ministre s’est félicité des avancées enregistrées dans des secteurs aussi variés que l’enseignement supérieur, la santé, la défense, l’économie numérique, l’agriculture, l’énergie, l’eau, la formation professionnelle, le commerce ou encore les services bancaires.

Les travaux préparatoires menés par les experts des deux pays ont permis l’élaboration de vingt-et-un instruments juridiques appelés à renforcer le cadre de cette coopération. Parallèlement, la tenue du premier Forum des affaires Mali-Maroc a illustré la volonté commune d’impliquer davantage le secteur privé dans cette dynamique.

Le Mali nourrit notamment de fortes ambitions dans le domaine industriel. Les autorités souhaitent s’appuyer sur l’expertise marocaine pour développer des unités de transformation capables de valoriser localement les importantes ressources agricoles, pastorales et minières du pays. Pour Bamako, l’industrialisation constitue un levier essentiel de création d’emplois, de croissance économique et de stabilité sociale.

À travers cette session de la Grande Commission mixte, le Mali et le Maroc affichent ainsi leur volonté de bâtir un partenariat qui dépasse la coopération traditionnelle. Dans un contexte régional marqué par les recompositions géopolitiques et la quête d’une plus grande autonomie stratégique des États africains, Bamako et Rabat entendent faire de leur relation un modèle de coopération Sud-Sud fondé sur des intérêts convergents, le respect mutuel et une vision commune du développement.

En déclarant officiellement ouverts les travaux de cette quatrième session, Abdoulaye Diop a réaffirmé l’engagement du Mali à poursuivre le renforcement d’une relation qu’il considère comme exemplaire, au service de la paix, de la stabilité et de la prospérité des deux peuples.

M T Koné


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