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Projet de reconstruction et de réhabilitation du patrimoine bâti du Site des Falaises de Bandiagara : Le bilan éloquent qui inspire de nouvelles actions
vendredi 6 mars 2026, par
<< 173 maisons reconstruites, permettant à des familles de retrouver un refuge sûr ; 172 greniers traditionnels restaurés, garants de la sécurité alimentaire et de la continuité des traditions agricoles ; 9 Togunas rénovées, lieux symboliques essentiels au dialogue communautaire et à la cohésion sociale>>. C’est en quelque sorte le bilan du « Projet de reconstruction et de réhabilitation du patrimoine bâti du Site des Falaises de Bandiagara », qui a été présenté le 6 mars 2026, dans la salle de conférence du ministère en charge de la culture. C’était lors de la 3 ème réunion du Comité de pilotage Projet de reconstruction et de réhabilitation du patrimoine bâti du Site des Falaises de Bandiagara".
Le vendredi 6 mars 2026, le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du tourisme, a abrité la 3 ème réunion du Comité de pilotage du projet Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du Site des Falaises de Bandiagara ( Pays-dogon).
En sa qualité de représentant de l’UNESCO, le Chef de Bureau par intérim, Représentant de l’UNESCO au Mali, Ali-Mohamed Sinane, a rappelé que depuis 2019, lorsque l’équipe de l’UNESCO, du ministère, et de la Commission nationale, se sont rendues à Sobane Da, Ogossagou, Djombolo, Tégourou et dans d’autres localités frappées par la tragédie, qu’ils n’ont pas seulement constaté les dégâts. << Nous avons écouté, nous avons partagé, et nous avons décidé d’agir ensemble, dans le respect des communautés>>, a-t-il indiqué. Avant de se féliciter des résultats tangibles et porteurs d’espoir, obtenus.
Selon lui, << le projet Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du Site des Falaises de Bandiagara>>, est un projet qui reconstruit des vies autant que du patrimoine. Il salué la mobilisation de toutes les parties prenantes qui a permis d’atteindre des résultats significatifs. Ce sont :
173 maisons reconstruites, permettant à des familles de retrouver un refuge sûr ; 172 greniers traditionnels restaurés, garants de la sécurité alimentaire et de la continuité des traditions agricoles ; et 9 Togunas rénovées, lieux symboliques essentiels au dialogue communautaire et à la cohésion sociale.
Mais, selon lui, le plus important est ailleurs, pour la simple raison que ce sont des familles qui ont retrouvé leur dignité, leurs moyens de subsistance ont été relancés, les liens sociaux se sont renforcés et une dynamique de résilience s’est installée dans les villages.
Il a estimé que l’approche participative est devenue un modèle national. Selon lui, ce projet se distingue par une méthodologie inclusive qui en fait aujourd’hui une référence, à travers des éléments comme : la participation active des communautés à toutes les étapes ; l’implication des artisans locaux et la valorisation du savoir-faire dogon ; le respect des matériaux traditionnels et des techniques vernaculaires ; les comités villageois mobilisés pour la gestion, le suivi et la pérennisation des infrastructures. << Cette approche ancrée dans le tissu social local a permis non seulement de reconstruire, mais aussi de renforcer la cohésion communautaire et la confiance entre institutions et populations>>, a-t-il déclaré.
Il a salué le leadership culturel exemplaire du ministre Mamou Daffé, qui renforce une dynamique nationale, avec la proclamation de l’année 2025, Année de la Culture. Et, 2026 et
2027, consacrées à l’Éducation et à la Culture. Selon lui, cela traduit une vision long-termiste qui associe transmission, patrimoine et développement.
Il a salué l’Alliance internationale pour la promotion du patrimoine (ALIPH), un partenaire exemplaire pour la sauvegarde du patrimoine. Selon lui, l’engagement de la Fondation ALIPH s’est traduit par : un accompagnement constant et flexible ; une écoute attentive des besoins du terrain.
Il a aussi salué le nouveau financement de 817 500 USD, destiné à consolider les acquis, à renforcer la résilience climatique et à promouvoir une gestion durable du patrimoine du site des falaises de Bandiagara (pays dogon).
En sa qualité de représentant de Mamou DAFFE, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, Mahamadou Koumbouna Diarra, secrétaire général du département en charge de la culture, a adressé ses sincères remerciements aux partenaires techniques et financiers, que sont l’UNESCO et la Fondation ALIPH, dont les contributions financières ont permis d’organiser la cérémonie de lancement du projet à Bandiagara, le 15 août 2022 et d’exécuter les activités du projet à ce jour.
Il a aussi salué les communautés pour leur mobilisation et leur engagement à la mise en œuvre du projet, les Collectivités territoriales pour leur soutien et appuis multiformes, les autorités administratives, les professionnels et gestionnaires du patrimoine et de la culture pour leur disponibilité et appui-conseils techniques au quotidien.
Il a rappelé que le Mali a connu en 2012 une grave crise sans précédent, suite à l’invasion du nord du pays (Tombouctou, Gao et Kidal) et d’une partie du centre par des groupes armés terroristes. Selon lui, le patrimoine culturel national, ainsi que le patrimoine mondial, culturel et naturel du Mali ont été fortement touchés dans leurs différentes composantes (matérielles et immatérielles). << Les valeurs sociétales telles que la cohésion sociale, le dialogue des cultures, le vivre-ensemble, gage de paix et de développement ont été ébranlées>>, a-t-il révélé. Avant de prendre l’exemple des Falaises de Bandiagara qui a été durement frappé par les tensions et conflits armés intercommunautaires, par des difficultés comme la destruction de maisons, de greniers, de céréales, enlèvement du bétail, pertes en vie humaine, destruction des biens culturels, interdiction de manifestions, etc.
Selon lui, c’est dans ce contexte difficile que le Département en charge de la culture, en partenariat avec l’UNESCO, a initié le projet de reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon), avec l’ objectif de développer la reconstruction et la réhabilitation du patrimoine bâti détruit, la resocialisation et la bonne conservation des objets cultuels, et la reprise des pratiques et traditions culturelles intra et intercommunautaires.
Il dira que cela cadre parfaitement avec la vision des plus hautes autorités de notre pays, qui est de faire de la Culture, le pilier pour bâtir le Mali nouveau. << C’est bien pour cette raison que le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Assimi GOITA, a décrété l’année 2026-2027, Année de l’éducation et la culture au Mali pour faire de l’éducation, le pilier et de la Culture, le moteur, pour bâtir le Mali nouveau dans une dynamique de revitalisation culturelle de nos territoires>>, a-t-il déclaré.
Il a indiqué la réunion doit permettre de faire le bilan des activités réalisées et d’échanger sur les principaux résultats obtenus du Projet. Mais, d’ores et déjà, il a estimé que << nul doute que les bénéfices et les impacts obtenus du projet ont permis de renforcer la promotion de la culture de la paix entre les communautés, la cohésion sociale, le dialogue des cultures, le vivre-ensemble et de recoudre le tissu social, car le patrimoine culturel est sans doute facteur de toutes ces valeurs fondamentales sociales>>.
Il a félicité les partenaires du Mali pour leurs multiples contributions, leurs appui-conseils techniques, leur disponibilité et leur engagement en faveur de la conservation durable et de la gestion efficace des biens du patrimoine culturel du site des Falaises de Bandiagara. Il les a exhorté à se mobiliser autour du patrimoine culturel et à continuer à soutenir davantage les actions de conservation, de gestion et de promotion du patrimoine culturel au Mali, notamment les biens du patrimoine culturel du Site des Falaises de Bandiagara. << En perspective, vos contributions financières permettront de consolider les acquis et de poursuivre la réhabilitation des biens culturels dans d’autres villages du Site>>, a-t-il déclaré.
Mais avant, Carlos Serrano -Vasquez, Directeur des programmes à ALIPH, est intervenu par visioconférence, pour exprimer toute la joie de son institution d’avoir contribué à la mise en œuvre de ce projet au Mali. Pour sa part, Mme Krista Pikkat, directrice de la culture et des situations d’urgence à l’UNESCO par intérim, a félicité tous les gardiens du site de Bandiagara. Selon elle, ce patrimoine participe dans la promotion de la paix et la cohésion sociale. Convaincue que la résilience nait au coeur des communautés, elle a estimé que les événements ont mis à rude épreuve les communautés en affectant les infrastructures et les liens sociaux. << Cette volonté collective de relèvement démontre votre volonté de résilience>>, a-t-elle salué. Avant de faire remarquer les espaces réhabilités sont celles où renaisse l’espoir par la transition aux générations futures d’un patrimoine Vivant. << Votre résilience inspire notre action>>, a-t-elle indiqué.
Assane Koné