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CULTURE MALIENNE : Et si le manque d’investissement empêche la structuration du secteur ?
samedi 11 avril 2026, par
Dans une réflexion sur l’économie durable de la culture au Mali et en Afrique, Dr Djibril Barry, ingénieur en Actions Artistiques et Culturelles et Expert culturel, soutient que <
Dans un monde où les industries culturelles et créatives (ICC) représentent plus de 3% du produit intérieur brut mondial et emploient 30 millions de personnes, selon l’UNESCO (2015), il devient essentiel pour les pays Africains et particulièrement le Mali de repenser leurs stratégies de valorisation culturelle.
En France par exemple Greffe avait déjà démontré l’importance croissante de la culture comme vecteur de croissance et de diversification économique. Ces constats valent également pour des pays du sud à condition de créer un écosystème propice au financement et à la professionnalisation de l’action culturelle.
Le Mali, reconnu pour sa richesse patrimoniale et son capital symbolique exceptionnel fait paradoxalement face à une marginalisation chronique de la culture dans les priorités publiques et les stratégies de développement.
Les musiciens comme Salif Keita, feu Toumani Diabaté, Sidiki Diabaté, Oumou Sangaré ou les festivals tels que le festival sur le Niger, le festival au désert,... témoignent d’un rayonnement culturel international qui faute de soutien structurant reste sous-exploité économiquement .
Alors que le pays est confronté à de multiples défis (insécurité, pauvreté, pression démographique) il paraît urgent de valoriser le secteur culturel comme un levier de cohésion sociale, de résilience et de développement durable.
Pourtant les ( ICC) au Mali restent confrontés à un déficit chronique de financement, a des dispositifs institutionnels inadaptés et à une faible reconnaissance par les acteurs économiques.
Ce paradoxe réside notamment dans le traitement administratif de la culture comme une dépense secondaire, face aux secteurs jugés prioritaires comme l’éducation, la santé et la sécurité. Il en résulte un cercle vicieux où le manque d’investissement empêche la structuration du secteur, qui en retour limite sa contribution observable à l’économie nationale.
Des entreprises culturelles locales- studios d’enregistrement, ateliers d’artisanat, groupes de théâtre- évoluent souvent dans l’informel, sans accès au crédit bancaire, sans accompagnement fiscal adapté, et sans perspectives de croissance.
Ce sous-financement systémique limite leur capacité d’innovation, leur accès aux marchés régionaux, et leur potentiel de création d’emplois.
Dr Djibril Barry
Ingénieur en Actions Artistiques et Culturelles
Expert culturel.
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