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AFRIQUE DE L’OUEST FACE AU DJIHADISME : Évitons de faire écrouler la digue malienne
mardi 12 mai 2026, par
Face à l’hydre djihadiste, le Mali, et au-delà les pays du Sahel constituent une digue. Pour rien au monde, elle ne devra céder.
Au rythme où vont les choses, sans risque de se tromper, l’on peut se poser la question de savoir qui a intérêt à voir des pays comme le Mali, le Burkina Faso et du Niger, s’écrouler face au phénomène djihadiste ? Malgré la chape de plomb que l’hydre djihadiste fait peser sur ces pays du Sahel, autrefois au cœur du pré carré français en Afrique, et malgré leur apparente pauvreté, l’on a l’impression que ce danger n’est pas suffisamment pris en compte dans les analyses. Ou du moins est sous-estimé. Or, pour celui qui connaît la géographie de l’Afrique de l’ouest, ça saute à l’œil qu’au sens propre ou au sens figuré, la bande Sahelo-Sahelienne constitue une véritable digue protectrice des pays du littoral face à ce phénomène qui charrie violence et désolation.
Malheureusement, pour des questions de géostratégie, pour ne pas dire pour des questions de stratégies d’accaparement des ressources minières du Sahel, doublée d’égo surdimensionné, des puissances étrangères, aveuglées par des œillères qu’elles ont décidé de se porter de force comme une camisole, n’arrivent pas à faire la part des choses. Ou du moins se refusent de faire la part des choses. Sans déclaration officielle de soutien, mais quand on voit le plaisir avec lequel les médias occidentaux, notamment les médias publics français, ont rapporté les évènements survenus au Mali, le samedi 25 avril 2026, l’on a aucun doute sur les probables parrains et soutiens des assaillants.
Et, le fait le plus choquant. Ils se sont volontairement refuser de condamner l’alliance entre le JNIM, un groupe terroriste qui est sous le coup de sanctions un peu partout en occident et le FLA, un groupe de narcotrafiquants sous le couvert d’un groupe séparatiste. Cette alliance que les occidentaux ont vite fait de qualifier de stratégique pour se donner bonne conscience, devait être dénoncer de la plus belle manière. Mais, hélas, tant que cette intervention est en Afrique. Et, quand elle favorise l’atteinte de leurs objectifs stratégiques, l’on va fermer les jeux et faire comme s’il n’y avait rien de grave.
Comme une coépouse jalouse, la France semble être hostile à l’arrivée des Russes au Mali. C’est de l’histoire récente : Le Mali n’a jamais chassé la France. Mais, c’est la France qui a décidé de se retirer du Mali, lorsque les autorités ont décidé du partenariat avec la Russie. D’où, la fameuse phrase « La France a décidé de nous lâcher en plein vol ». Et, depuis, l’on a l’impression que les autorités françaises auraient décidé de tout mettre en œuvre pour faire tomber le régime de Bamako, en vue d’y installer des autorités qui vont leur dérouler le tapis rouge de Paris à Bamako, en renforçant les rotations d’Air France.
Si en 2012, les autorités françaises ont salué les chutes des villes Maliennes dans le nord, le samedi 25 avril 2026, elles ont eu la pudeur de se taire. Mais, le relais a été assuré par les médias publics français, qui ont fait de gros plans sur ce qu’ils considèrent comme une débâcle de l’armée malienne et de la Russie engagée aux côtés du Mali. Sans oublier la crise du carburant pendant laquelle ces mêmes médias ont vainement annoncé la chute de la ville de Bamako. Aujourd’hui, ils saluent avec beaucoup de plaisir ce qu’ils appellent les blocus du JNIM sur les axes principaux de ravitaillement de Bamako. Et, comme, il fallait s’y attendre, ils ressortent leur discours habituel de la chute imminente de la ville de Bamako.
Et, si l’Algérie jouait au sapeur-pompier pyromane ?
En plus des autorités françaises, il faut reconnaître que l’Algérie ne facilite pas la tâche aux autorités Maliennes. Et, si l’Algérie jouait au sapeur-pompier pyromane ? C’est la question que tout le monde se pose après la récente sortie remarquée du président Algérien. Dans un paternalisme répugnant et se positionnant pour être plus royaliste que le roi, le Président algérien, sans aucune gêne, prétend « aimer le Mali », dans son entendement plus que les maliens. Mais, cachant mal son jeu, il dira que l’Algérie est prête à aider le Mali. En ressortant l’affaire du fameux accord d’Alger que les autorités Maliennes pour le bonheur du Mali et des maliens, ont décidé de conjuguer au passé. Mais, du coup, le Président algérien à donner l’impression à l’opinion publique que tout ce que le Mali est en train de subir est son fait.
Quel est ce sapeur-pompier pyromane qui agit comme un médecin après la mort, comme un nageur au dos nu ? Dans le dossier malien, l’Algérie est un sapeur-pompier pyromane, avec lequel il va falloir ruser.
Pratiquement de 2000 à nos jours la Mauritanie n’a jamais été inquiétée. Aussi de plus en plus, le nom de la Mauritanie revient régulièrement dans le dossier malien. Nous constatons que ce pays semble avoir monnayer l’accalmie relative sur son territoire par le billet de pactes secrets avec les mouvements djihadistes. Dans le contexte de la crise actuelle au Mali, il n’y a plus de doute la Mauritanie semble volontairement prêter son territoire aux djihadistes. Blessés dans les combats au Mali, ils y sont les bienvenus pour des soins. De plus en plus de renseignements soupçonnent la Mauritanie d’abriter des camps d’entraînement et de regroupement. La gestion de cette situation sensible à installer un certain froid entre les autorités mauritaniennes et maliennes.
Comme une poutre qui crève l’œil, tout porte à croire que le Mali est au centre d’un complot international qui visent à mettre à genoux les États du Sahel qui ont eu le courage de dire clairement qu’ils veulent avoir le contrôle de leurs ressources minières pour aider leur pays à quitter la zone des pays pauvres très endettés. Au regard de ce qui arrive aujourd’hui au Mali, nous constatons qu’il y a un crime inconnu par la grande majorité des habitants de la terre : utiliser ses ressources minières dans un commerce équitable pour assurer son développement et sortir de la zone rouge de la pauvreté.
Enfin, le plus choquant est qu’au vu de tout cela, aucune puissance internationale ne veuille assister un peuple en danger. Au contraire toutes sont promptes à critiquer les choix opérés par nos autorités. Sans alternatives crédibles en provenance de l’occident, nos autorités ont eu le courage d’opérer d’autres choix, qui ne sont pas forcément de leur goût. Mais, que cela soit clair pour tous : personne n’a intérêt à ce que la digue face au phénomène du djihadisme cède au Mali et dans le Sahel. Si, un tel malheur devait arriver, ce sera bonjour les dégâts jusqu’aux bords de l’océan Atlantique.
Assane Koné
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