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    Soumaoro Kanté : Histoire ou légende revisitée par une association qui porte son nom

    lundi 21 août 2017 , par Assane Koné

    Le samedi 19 août 2017, s’est déroulé à la Maison des ainés la conférence inaugurale de l’association Soumaoro Kanté. Cette conférence a été placée sous le thème : « Soumaoro Kanté, héros ou parjure ».

    La rencontre a enregistré la présence du Pr Drissa Diakité, Président de l’association Soumaoro Kanté, maitre Alfousseyni Kanté, membre de l’association Soumaoro Kanté. Elle a réuni les militants et militantes de ladite association, les descendants des Kanté venus des quatre coins de Bamako et les représentants de la tradition orale.

    Maitre Afousseyni Kanté, lors de cette conférence a fait un exposé sur le thème qui évoque l’histoire de Soumaoro Kanté. Il dira que se sont tout simplement des pistes de réflexion tant l’histoire de SOUMAORO KANTE fait l’objet de controverse.

    Faisant son exposé, Alfousseyni Kanté a cité un proverbe moré : « tant que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours en faveur des chasseurs ». Selon lui, Soumaoro Kanté n’a pas eu d’historien, ce sont les vainqueurs qui ont écrit l’histoire.

    « L’histoire sait retenir certains faits et rejeter d’autres. La tradition orale qui est pratiquement la seule source qui parle de Somaoro, pour mieux valoriser les Mandeka et Soundjata va ternir l’image de ce dernier », a déclaré M. Kanté.

    Poursuivant son exposé, il dira que l’histoire est presque toujours au service d’une cause surtout en Afrique. Il est temps que les falsifications soient détectées et corrigées. Soumaoro Kanté ne serait-il pas une victime de la tradition orale commanditée par les Mandenka ?

    Pour le Pr Drissa DIAKITE, « SOUMAORO est un Nankama ». Il souligne : ‘’Originaire de Sosso, les indications sur son ascendance familiale restent contradictoires. Ainsi ne savons-nous pas avec certitude le nom de son père ….. ».

    En réalité, il serait vain, en l’état actuel de nos connaissances, de vouloir tracer une biographie complète de SOUMAORO KANTE, le Roi-forgeron. Car, pas plus que ses origines familiales, les circonstances de son ascension au pouvoir ne sont pas éclaircies…. Plus généralement, les traditionnistes pensent que SOUMAORO KANTE est un homme prédestiné (nankama). Ce qui constitue en fait, un moyen comme un autre, de ne pas avouer leur ignorance en la matière’’.

    C’est donc un exercice difficile de donner les origines de SOUMAORO KANTE. D’une façon générale on le fait descendre de DIARISSO ou de DABI KEMEKO. Ce qui est certain SOUMAORO est un Soninké.

    Certains généalogistes le rattachent même à DINGA, ancêtre présumé de Soninko. Il avait selon les traditions de grands pouvoirs magico-religieux qui le plaçait au-dessus des autres Forgerons fondeurs, qui manipulaient le feu et fer, deux choses que tout le monde ne maîtrisait pas. Il a été sans doute l’un des éléments de l’armée de WAGADU, qui selon les sources arabes pouvait compter 200 000 guerriers au XIème. Cette armée était composée de fantassins, d’archers et d’une importante cavalerie.

    Entrant un peu en profondeur de l’histoire, il a expliqué que l’invasion almoravide qui a ébranlé le SUDAN occidental et provoqué l’anarchie, va le pousser à organiser son royaume le SOSSO et à essayer de fédérer les anciens royaumes vassaux du Wagadu pour lutter contre le trafic des esclaves. Ce trafic avait pris une proportion inquiétante.

    Ambitieux comme tout chef guerrier, il voulait être aussi le maître absolu du Sudan Occidental ce qui n’était pas du goût des Mandenka pour lesquels, il n’était qu’un petit forgeron.

    Soumaoro mis alors tous les moyens pour faire du SOSSO une puissance militaire. Les forgerons fondeurs se mirent à l’œuvre pour fabriquer des armes, la cavalerie épine dorsale de l’armée SOSSO fut équipée. Le SOSSO était prêt pour affronter les Mandenka.

    Une autre source nous enseigne que SOUMAORO KANTE est né à Dampa DIARISSO dans la Commune Rurale de Boron CISSE, cercle de Banamba.

    Cette version est corroborée par la proximité du village de SOSSO, village dans lequel repose la Maman de Soumaoro Kanté.

    Ce village est également contigu à deux (02) autres villages et les noms de famille dominants sont les Touré. SOUMAORO KANTE de son vrai nom Bandiougou DIARISSO fils de Tiémoko DIARISSO et Dani DIARISSO son grand-père.

    La tradition orale manding, retenue presque par tout le monde fait de Soumaoro Kanté, un tyran sanguinaire, celui qui vêtu d’un boubou en peau humaine, coiffé d’un chapeau en peau humaine et chaussé de sandales en peau humaine, envahit le Mali et sema la terreur. Cette version des faits fut retenue pendant longtemps dans la littérature historique du SUDAN Occidental.

    Il a fallu attendre le Colloque de la Fondation SCOA, en 1975 pour que WA KAMISSOKO, le Jéli de Krina donne un autre point de vue sur la vie du roi magicien SOSSO.

    Comment est-il devenu KANTE ?

    Selon Alfousseyni, la tradition orale retient plusieurs versions. Pourtant d’après les anciennes, Soumaoro Kanté est le seul roi Africain connu à avoir combattu les Arabes sur leur propre sol dans l’actuel Maroc en 1222, puis il abolira l’esclavage au Ghana après la conquête de l’empire en décembre 1223.

    Selon le chercheur Klessigué A. SANOGO, Administrateur des Arts et de la Culture, Spécialiste : Administrateur / Conseiller Culturel dans la revue Talibé l’Universitaire revue trimestrielle N° 4 Mai, Juin Juillet, « Premier fils du monde, Maître des métaux et du fer, le forgeron appartient à la fois au monde terrestre et au monde invisible. Détenteur d’un savoir immense, il est redouté pour sa familiarité avec les métaux, les métaux sortis du ventre de la terre mère ».

    Il sait façonner à la main les objets d’usage courant allant du plus fruste, tels les premiers outils aratoires, aux plus raffinés, à l’image des parures en pépites tirées des métaux rares et les pierres précieuses.

    Il fournit aux civils armes et outils nécessaires à la production et à la guerre. Il est Maître des rites de passage : circoncision, rites mortuaires et sacrificiels. Il intervient également dans le règlement des conflits sociaux.

    Le forgeron devient ainsi un personnage ambivalent, médiateur entre les vivants et les morts, et un homme indispensable pour la suivie des autres. D’où le label premier fils du monde pour qualifier cet artisan doublé de l’homme mythique adulé et craint, dont l’ancêtre mythique serait descendu du ciel « avec tout son attirail y compris le feu, mais qui dans toutes les sociétés africaines est caste ».

    Autre contradiction. Selon, Alfousseyni Kanté, il existe des KANTE nobles, des KANTE hommes de Caste, mais tous ont un dénominateur commun l’exercice du métier de Forgeron.

    Contrairement à la leçon d’Histoire du primaire, une bataille aurait lieu à Kirina en 1235 et Soundiata Keita sortit vainqueur pour devenir Empereur du Mandé. Cela a valu de la part des griots beaucoup d’éloges. C’est pourquoi feu Fakoli CAMARA persiste et signe que le Mandé n’a connu que deux (02) guerres : celle de Dagadiala et celle de Krido.

    Après avoir donné quelques réflexions, sur la vie de Soumaoro Kanté l’homme aux qualités exceptionnelles, Fousseyni Kanté a invité les chercheurs, les hommes de culture à s’investir davantage pour que l’histoire de ce grand bâtisseur soit connue dans sa version réelle au bénéfice des générations futures.

    « Nous avons besoin d’approfondir cette histoire, nous avons besoin de connaitre cette histoire, ce n’est pas seulement la tradition orale qui peut nous faire connaitre l’histoire des Kanté. Car nous savons toujours que cette tradition orale tourne toujours en faveur du vainqueur », a-t-il conclu.

    Bintou COULIBALY (stagiaire)

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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