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SEGOU’ART/FESTIVAL SUR LE NIGER 2022 : Quand la situation du continent inspire des artistes

mardi 8 février 2022

Deux œuvres réalisées par des artistes plasticiens séniors et exposées à Ségou’Art/festival sur le Niger 2022, sont parties pour être les grandes attractions de cette édition. Elles matérialisent, dans une inspiration de haut niveau artistique, le symbole d’un continent dont les filles et fils sont assis sur de l’or, mais qui sont obligés de tendre la sébile pour quémander leurs pitances quotidiennes à des nations moins nantis par la nature.

L’œuvre exposée par le célèbre designer malien Cheick Diallo et celle exposée par le célèbre peintre camerounais Barthélemy Toguo, ont résonné à Ségou comme la matérialisation artistique du continent africain dans sa relation avec le reste du monde.

L’œuvre de Cheick Diallo qui pourrait être intitulée l’« Ambiguïté des échanges » est une installation d’une esthétique artistique qui ne peut pas passée pas inaperçue. Cette installation composée de 3 parties distinctes, mais fortement imbriquées les unes dans les autres, l’œuvre de Cheick Diallo est une invitation à une réflexion très profonde sur le devenir d’un continent qui pense son développement dans une relation extrêmement focalisée sur l’extérieur, notamment l’occident.

Cinquante-quatre écuelles en argile de différentes couleurs. A même le sol, et contenant chacune une bobine de laquelle partent des fils rouges qui convergent dans une seule direction. Des écuelles souvent noires, souvent moins noires, et souvent tirant sur du brun. En somme, sans afficher les couleurs de l’Arc-en-ciel, ces écuelles par leur nombre (54) et la variété de leurs couleurs, pourraient symboliser les Etats du continent africain. Se refusant toutes relations constructives et fructueuses entre eux, tous ses états ont le regard tourné vers un seul continent : l’occident. Et, cela est si bien symbolisé dans l’œuvre par des files rouges qui partent des écuelles vers un seul point. Mieux que le regard, ils ont décidé de se lier à cette partie du monde qui semble être pour eux la seule source de vie et de vivacité.

Malgré, les coups reçus et encaissés, matérialisés par une toile multicolore perforée de toute part, comme pourrait le démontrer à suffisance les balances commerciales des Etats africains. Ils n’arrivent pas à se départir ou à rompre leur sempiternelle dépendance à l’occident adepte d’un commerce ou d’un système d’échanges inéquitable. Or, aujourd’hui, il suffit de penser commerce équitable, dans un système gagnant/gagnant pour que le l’humanité se sente mieux. Mais hélas, les milieux de construction des idées économiques, assoiffés de profits ne laisseront par faire avec leur théories décadentes, à l’image l’existence de certains d’entre eux.

Comme si Cheick Diallo et le célèbre artiste camerounais Barthlemy Toguo avaient communiqué avant d’arriver à Ségou’Art/Festival sur le Niger 2022. Mais, on doit aisément pouvoir comprendre cette coïncidence qui marque une convergence d’idées des penseurs du continent africain. « Il est temps que l’Afrique cesse d’être la sève nourricière du monde au détriment de ses filles et fils », pourrait être la grande symbolique que l’on retient de cette œuvre gigantesque qui occupe pratiquement la moitié des mures de la Salle d’exposition Pr Yacouba Konaté de la Fondation Festival Sur le Niger.

L’éléphant, le plus grand et gros animal des forêts africaines, est apparent dans cette œuvre réalisée avec la couleur rouge dégradée. Malgré les nombreuses sangsues qui le cannibalisent de toute part, l’éléphant de Barthlémy Toguo est débout gaillardement sur ses quatre pattes.

Si les sangsues acceptaient un temps, soit peu de laisser en paix l’éléphant tiraillé de toute part, il pourrait sûrement se concentrer sur ses propres intérêts et les défendre mieux que qui quiconque.

Loin d’être un continent pauvre, l’Afrique unie pourrait lever la tête, dressée l’échine pour se libérer du système d’exploitation néocoloniale qu’on lui impose et rendre à ses habitants leur dignité retrouvée.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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