Societe > Mme Dem Kadia Dem : La mère de 52 enfants

Mme Dem Kadia Dem : La mère de 52 enfants

mercredi 14 septembre 2016, par Assane Koné

Mme Dem Kadia Dem est une femme engagée dans la prise en charge des enfants handicapés et démunis. Elle a créé un orphelinat en 2004 et s’occupe aujourd’hui de 52 enfants dont 20 filles.

À 42 ans, malgré ses maigres revenus, la promotrice de l’Association pour le soutien des handicapés et enfants démunis (Ashed) reste attachée à son combat. Elle accueille chaque année deux à trois enfants dans son orphelinat à Badalabougou, un quartier de la capitale malienne. Ses protégés sont souvent issus de familles pauvres. Parmi eux, certains qui ont été abandonnés par leurs parents dès la naissance. D’autres vivent avec handicap et sont rejetés par leurs familles.

C’est en 2000 qu’elle se lance dans la prise en charge d’enfants en difficulté. Elle tient alors une gargote. Émue de voir tous les jours des enfants ramasser les restes autour de son petit restaurant, elle décide de leur offrir à manger. « J’avais des larmes aux yeux lorsque je voyais ces enfants abandonnés à leur triste sort. Je me suis dit que j’avais un rôle à jouer pour protéger ces enfants et leur redonner espoir », explique Mme Dem. Elle a entamé les démarches pour obtenir son récépissé en 2004.

Des difficultés liées à la crise sécuritaire

C’est sur fonds propres que Mme Dem subvient aux besoins des enfants dont elle a la charge. Elle est souvent épaulée par des voisins et des personnes de bonne volonté. Cela ne va pas sans peine. Elle a fréquemment du mal à s’en sortir, mais fait tout pour offrir un cadre de vie sain aux enfants.

« Le restaurant que je tiens est ma principale source de revenus. Je cuisine lors de mariages, je me charge de la lessive de ceux qui en ont besoin et je fais des tresses. Tout cela pour assurer nourriture, eau, électricité et autres dépenses quotidiennes. C’est difficile, mais je ne m’ennuis jamais parce que j’estime qu’il s’agit d’un travail noble », indique Mme Dem avec le sourire.

« Nous sommes dans un monde injuste. Les enfants n’ont rien fait pour mériter cette situation. C’est pourquoi je perçois les difficultés que je rencontre comme une tentation divine. Je l’accepte et je vis avec. »

Aujourd’hui, son commerce tourne au ralenti. Principalement à cause de la crise à la base d’une baisse du nombre de touristes dans le pays. « Avant 2012, la majorité des clients de mon restaurant étaient étrangers. Ils venaient sur indication du Père Bollomé, prêtre dans une église de Badalabougou », se souvient Mme Dem.

Le départ du prêtre il y a quelques années a fait perdre à l’orphelinat l’un de ses principaux bienfaiteurs. Le père Bollomé contribuait au paiement du loyer mais prenait également en charge certaines besoins comme les factures d’électricité, l’alimentation ou des vêtements pour les enfants.

L’appui des autorités se fait attendre

Madame Dem et son orphelinat ne bénéficient à ce jour d’aucune aide publique. « Nous avons besoin d’un local. Le coût du loyer est très élevé. Nous voulons aussi être subventionnés et obtenir des bourses d’études pour les enfants. Je veux qu’ils aient tous un diplôme un jour », plaide-t-elle.

A la question de savoir d’où elle tire sa force : « de Dieu. Je suis croyante. Je pense que tout ce qu’Il fait est bon. Qu’on soit chrétien, musulman ou athée, tout le monde doit respecter les enfants . »

A l’approche de la Tabaski, Bakadia, comme l’appellent affectueusement les enfants, remue ciel et terre pour payer des habits de fête pour les enfants. Elle essaie même de trouver des moutons.

En dépit des énormes efforts qu’elle fournit pour la prise en charge de ses enfants, elle entretient de bonnes relations avec ses voisins de quartier. Sa cour sert d’espace de jeux et de détente pour tous les enfants du quartier. A l’heure des repas ils sont tous invités.

« Nous sommes fiers de l’avoir comme voisine. Depuis mon enfance, je connais cette brave dame. C’est un modèle d’humanisme. Elle mène une lutte acharnée pour venir en aide aux nécessiteux au point qu’elle a oublié de construire un avenir pour ses enfants biologiques. Ses revenus auraient pu lui servir à s’acheter une maison. Mais elle préfère l’investir dans la prise en charge de tous ces enfants », témoigne Alimata Tangara, une jeune fille de Badalabougou.

Sory Konaté
http://mussoya.net


Voir en ligne : Mme Dem Kadia Dem : La mère de 52 enfants

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.