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Détention du Général Amadou Aya Sanogo : Le collectif des avocats pour sa défense réclame la justice
lundi 21 décembre 2015, par
La salle de conférence d’expression démocratique de la radio Kayira a abrité le 19 décembre 2015 la conférence de presse du Collectif des avocats pour la défense du Général Amadou Aya Sanogo et ses compagnons. En plus des avocats, on y a noté la présence des victimes comme les femmes des militaires détenus à Bamako, Markala, Manantali, Selingué et Dioila et de l’honorable Oumar Mariko, député à l’Assemblée nationale et Président du parti SADI.
Ils sont au nombre de 7 avocats. Ils sont réunis dans un Collectif pour la défense du Général Amadou Aya Sanogo et de ses compagnons.
La conférence de presse qu’ils ont animé avait pour objectif d’informer l’opinion sur le crime reproché au Général Amadou Aya Sanogo et ses compagnons et d’adresser une lettre ouverte à son excellence Ibrahim Boubacar Keita, le Président de la République du Mali.
Après avoir rappelé les péripéties des événements survenus le 12 Avril 2012 à Bamako entre les Bérets verts et les Bérets rouges, Me Tiéssolo Konaré, un des avocats du Collectif, a qualifié l’incarcération de ses clients de comble d’injustice. « Le Général Amadou Aya Sanogo et ses Camarades sont interpellés par le juge d’instruction près le tribunal de 1ère Instance de la Commune III, Yaya Karembé sur fond de rumeurs sur les enlèvements et disparitions des personnes arrêtées suite à la tentative de coup d’Etat du 30 Avril 2012 », a-t-il indiqué.
Il a ensuite attiré l’attention du Président de la République sur le fait que tous les militaires poursuivis dans le Groupe Abdine Guindo sont en liberté provisoire et mieux que cela, ils sont déployés dans les services, soit à l’intérieur du pays, soit à l’extérieur du pays en violation de la procédure pénale qui concerne les militaires.
Face à cet état de fait, le collectif des avocats a indiqué qu’il ne comprend pas pourquoi jusqu’à ce jour le dossier n’est toujours pas sur table de la Chambre d’accusation de la cour d’Appel de Bamako. Mieux, il a dénoncé le fait que le juge d’instruction n’a pas interrogé les parties civiles dans le dossier des bérets rouges.
Le Collectif d’avocats par la voix de Me Konaré, au aussi regretté le fait que le dossier ouvert depuis mai 2012, après la tentative d’assassinat dirigée contre la personne de Amadou Aya Sanogo et le meurtre des soldats et gardes qui montaient la sentinelle à l’aéroport, ne soit encore sur la table de la chambre d’accusation.
« Au regard de cette situation, les avocats du Collectif ont une raison de se convaincre qu’au Mali, certains Maliens sont sans doute au dessus de la loi », a déclaré Me Konaré. Avant d’appeler à lourde responsabilité du Président de la république, premier Magistrat du Mali, à faire respecter la loi et démontrer que nul n’est au dessus de la loi.
Le collectif des avocats a réclamé plus de justice, d’équité dans le traitement des dossiers des deux groupes de militaires pour l’honneur et la dignité de tous les fils de ce pays. En clair, le collectif a estimé que de nos jours, vouloir programmer un jugement des¨ bérets verts¨ sans celui des ¨bérets rouges¨ d’abord, ne serait pas juste.
Le Collectif d’avocats estime que cette façon de distribuer la justice donne le sentiment de discrimination. « Cette approche n’est pas de nature ne serait pas juste et n’est pas de nature à faire régner la paix au Mali », a conclu Me Tiéssolo Konaré pour le compte du collectif des avocats.
Justice à deux vitesses ?
S’agissant de sa présence à cette rencontre, Honorabe Oumar Mariko, a dit qu’il est aussi victime des événements survenus le mois d’avril 2012. A l’en croire, le Réseau de communication « Kayira » dont, il est le Directeur général a connu un dommage sérieux dans la foulée de l’action de bérets rouges. « Les sièges des radios Kayira à Koutiala et à Niono ont été brulés, sans que les auteurs identifiables ne soient inquiétés jusqu’aujourd’hui », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que le siège de la Radio Kayira de Bamako a été victime d’attaques injustifiées et a failli être saccagé par des badauds mobilisés et instrumentalisés pour la cause. « Aucune des plaintes que nous avons déposé concernant ces actes barbaries dont nos radios ont été victimes n’a été examinée jusqu’à ce jour. Drôle de justice », a-t-il regretté.
Face à une telle situation, Dr Mariko n’a pas caché sa conviction que les maliens font face à une justice à deux vitesses. « Au Mali, nous avons affaire à une justice deux Poids, deux mesures », a-t-il indiqué. Avant de dire qu’il ne reconnait plus Daniel Amagouin Téssougué, Procureur Général près la Cour d’appel de Bamako pour deux raisons. « Ceux qui ont brulés les Radios du réseau de communication kayira courent toujours et deux policiers ont été incarcérés parce qu’ils ont le même patronyme que Sanogo » a-t-il déclaré.
Par la voix de Madame Dolo Ramata Kéménani, le collectif des femmes des militaires détenus a sollicité la mise en liberté de leurs époux, en estimant que cette sollicitation n’enfreint aucunement la loi et ne saurait faire obstacle à la procédure judiciaire en cours.
« Nous réitérons notre demande insistante auprès du Président de la République et son gouvernement pour la prise en compte des victimes civiles et militaires, morts et blessés, dans la tentative de vengeance conduite par le colonel Abdina Guindo, Chef du Régiment des commandos parachutistes dans la nuit du 30 Avril au 1er Mai 2012 dans le chapitre de l’indemnisation des victimes du 17 janvier 2012 et du 22 Mars à titre exceptionnel.
Par ailleurs, elle a soutenu que leurs « époux sont des vrais patriotes qui demeurent engager à apporter leurs contributions à l’édification du pays en général et à la reconstruction de l’armée et des forces de sécurité en particulier ». Elle a ensuite indiqué, au nom de toutes les épouses des victimes de cette situation qu’elle donnait son accord et soutien à toutes les bonnes volontés engagées pour le dénouement heureux de cette crise fratricide.
Moussa Mallé SISSOKO