| |

« De la Danse à la Tolérance » : Une initiative qui met la danse contemporaine au service de la paix et de la cohésion

jeudi 12 août 2021

De mars à août 2021, l’Association « Famu Danse » a conduit avec beaucoup de succès la mise en œuvre des activités de son projet « De la Danse à la Tolérance », financé par la Délégation de l’Union européenne au Mali, à travers la CONFED, dans le cadre du programme « Unis dans la diversité ». Du 24 au 25 août 2021, à Ségou et du 27 au 28 août 2021 à Sikasso, les populations de ces deux capitales régionales pourront voir la restitution des créations issues des différentes résidences que l’Association ‘’Famu Danse’’ vient de boucler à Ségou et Koutiala.

« Dans son engagement de faire la promotion de la danse contemporaine au Mali, l’Association ‘’Famu Danse’’ va s’installer en demeure dans deux capitales régionales maliennes. Du 24 au 25 août 2021, à Ségou et du 27 au 28 août 2021 à Sikasso, la population pourra voir la restitution des créations issues des différentes résidences que l’Association ‘’Famu Danse’’ vient de boucler à Ségou et à Koutiala », a indiqué Daouda Keita, Directeur artistique de l’Association « Famu Danse », le 10 août 2021, lors d’une conférence de presse, au siège de la Coopérative malienne d’artistes, le FIL.

Selon lui, dans le cadre de son projet « De la danse à la Tolérance », l’Association « Famu Danse » s’était fixée des objectifs clairs et précis. « Elle s’était fixée l’objectif de contribuer à la promotion de la paix active au Mali par le développement de la tolérance, de l’écoute, de la communication et de la compréhension mutuelle des singularités au-delà des groupes d’appartenance, grâce au langage universel de l’art de la danse et des signes », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que la démarche consistait à promouvoir un dialogue inclusif, transcendant les différences ethniques ou sociales, à travers la danse et la langue des signes, auprès des communautés vulnérables.

Il a ajouté que sa structure, en collaboration avec le FIL, dont elle est membre, a organisé cette conférence de presse pour édifier l’opinion publique nationale sur les différentes étapes et les activités du projet « De la danse à la Tolérance ».

Selon Daouda Keita, dans le contexte de crise structurelle, politique et sécuritaire, qui secoue le Mali depuis 2012, les divisions se sont exacerbées, sous l’effet des replis protectionnistes face à des difficultés croissantes d’accès aux ressources, mais également du fait de l’usage politique qui est fait des communautarismes, sur des bases ethniques, religieuses ou politiques. « Les singularités ont toujours existé, et jusqu’à une époque récente, l’on pouvait considérer que chaque particularité apporte une pièce à l’édifice de la construction de la paix », a-t-il indiqué. Avant de mettre un accent sur le fait que « tout porte aujourd’hui, à croire que les groupes différents ne se parlent plus, ne s’écoutent plus, ne se comprennent plus : jeunes et adultes, comme l’ont montré les évènements urbains de juillet 2020, communautés pastorales et communautés agricoles, comme l’illustrent les drames intercommunautaires, groupes d’opposition armés du nord ou du centre et citoyens du centre et du sud… ».

Ne se voulant pas exhaustif, , il dira que d’autres fractures sont plus visibles et plus anciennes, comme celles entre personnes en situation de handicap et personnes valides. « Ces fractures créent des situations d’exclusion et de stigmatisation, dans une logique du ‘’ eux ‘’ contre ‘’ nous ‘’ qui a fortement affecté la cohésion sociale au Mali », a-t-il estimé.

Dans un tel contexte, l’on doit pouvoir comprendre l’approche de l’Association « Famu Danse » qui a décidé de mettre la danse au service de la tolérance pour apporter sa pierre à l’effort de l’édification de la paix, de l’entente et de la cohésion sociale au Mali.

A cet effet, dans un partenariat fécond avec l’Association Malienne des Sourds, Ecoles pour Déficients Auditifs, Acampa Culture, et grâce au financement de l’Union européenne, à travers la CONFED, l’Association « Famu Danse » est aujourd’hui à mesure de proposer deux pièces de danse, « Yiri Bolo » et « Danasagou », fruits des différents ateliers organisés à Ségou et à Koutiala, sous la direction de deux chorégraphes maliens : Kadidia Tiemanta et Alou Cissé dit Zol.

« ‘’Yiri Bolo’’ de Kadidia Tiemanta et ‘’Danasagou’’ de Alou Cissé dit Zol, sont deux pièces de danse créées au cours des séances de résidence et de création autour des notions de paix, de cohésion et du vivre ensemble à l’intérieur du Mali », s’est félicité Daouda keita. Il a invité les populations de Ségou et de Sikasso, à se mobiliser les 24 et 25 août 2021 et les 27 et 28 août 2021, dans les centres culturels, les écoles fondamentales et les camps des déplacés de leur localité pour voir les représentations de ces œuvre issues du projet « De la Danse à la Tolérance ».

Pour cette conférence de presse, Daouda Keita avait à ses côtés Philippe Delers, chargé de programme à la DUE, Adissatou Haïdara de la CONFES et Ezekiel Dembélé, coordinateur du FIL.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Mots-clés : menunav